11 novembre 2018 à Verdun

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Michel Gourinchas s’est rendu à Verdun avec Peter Wirtz son homologue, maire de notre ville jumelle Königswinter.

11 novembre 2018 à Verdun

Le jour du centenaire de l’Armistice de la Première Guerre Mondiale, Michel Gourinchas se trouve à Verdun avec Peter Wirtz son ami et homologue, maire de notre ville jumelle Königswinter et Monsieur Gérard, maire de Chattancourt.
Après s’être inclinés sur les sépultures de défunts natifs de nos deux villes, inhumés près de Verdun, ils y ont déposé des gerbes de fleurs communes, ainsi qu’au cimetière allemand de Liny (3 dernières photographies).

Voici le texte du discours prononcé par Michel Gourinchas devant la tombe de Léon-Camille Jourdain au cimetière de Chattancourt.

Discours

Une part de notre mémoire collective fête ses 100 ans aujourd’hui. 100 ans depuis la signature de l’Armistice dans la nuit noire et froide de la clairière de Rethondes, en forêt de Compiègne.

Il est 5 h 15 en ce 11 novembre 1918, l’aube n’est pas levée, mais la lumière encore faible commence à apparaître et les flots de sang vont bientôt cesser de couler. Car c’est à 11 heures, précisément, que le cessez-le feu s’impose.

Sur l’ensemble des lignes du front, de part et d’autre des barbelés et des tranchées, tous les clairons sonnent simultanément l’arrêt des combats. Pour la première fois en 4 ans, soldats français et allemands ne s’entretuent plus, ne se massacrent plus.

Cette Première Guerre mondiale, appelée aussi « la grande boucherie » tant elle fut la plus meurtrière de toutes les guerres, provoqua la mort de 4 millions de soldats allemands et français :

  • 1 million 400 000 côté français ;
  • Un peu plus de 2 millions côté allemand.

Au total, 18 millions de morts au cœur de tous les empires engagés dans le plus grand conflit militaire de tous les temps. Chaque famille française et allemande compte d’ailleurs, parmi ses ascendants, un grand-père ou un arrière-grand-père qui a combattu dans les tranchées. Les récits ou photos de cette guerre ont jalonné et jalonnent encore la mémoire des familles des deux côtés du Rhin.
Personne ne peut oublier.

Hâtivement, et compte tenu de l’horreur dont elle était le synonyme, l’on prétendit qu’il s’agissait-là de la « der des ders ». On connaît la suite 20 ans plus tard… La dernière des guerres, comme on se plût à le croire au lendemain de l’Armistice de 1918, ne fut qu’une illusion tragique. Comme il n’est pas d’Histoire sans symboles, c’est après une discussion avec Karsten, l’ancien président du jumelage à Königswinter, que j’ai proposé à mon ami Peter Wirtz, le maire de Königswinter, de commémorer avec lui, ici à Verdun et dans ses environs ce centenaire de l’Armistice.
Köningswinter fut la première ville jumelée à Cognac, en 1989. Nos 2 villes et nos comités de jumelage respectifs ont organisé cette journée avec tout l’engagement qui convient à un tel événement. Que toutes les équipes qui ont travaillé à la réussite de ce moment exceptionnel soient sincèrement remerciées, au premier rang desquels Julien Hauser, qui connaît parfaitement les champs de bataille et les sépultures des soldats, plus particulièrement des soldats Allemands, puisqu’il en avait la responsabilité sur la France entière.
Mais le symbole, c’est aussi l’hommage que nous souhaitions rendre à l’un des fils de Cognac, sacrifié comme tous ces soldats français et allemands dans la boue ensanglantée de la Grande Guerre.

Nous tenions à être ensemble aujourd’hui pour lier cette mémoire commune.
Dans cette terre de Verdun, au cimetière de Chattancourt, repose donc le corps de Léon-Camille Jourdain, héros et victime de cette guerre fratricide.
S’incliner devant sa tombe, le nommer, c’est incarner et rappeler la furie des combats qui éteignirent à jamais le regard d’un jeune homme envoyé dans l’enfer, comme tant d’autres de ses pairs. Mais c’est aussi pour souligner les leçons tirées de ce drame de l’Histoire. De la même façon, nous serons tout à l’heure, au cimetière de Liny-devant-Dun sur la tombe d’un soldat natif de Königswinter qui s’appelait Karl Ermekeil.

Aujourd’hui, Léon-Camille Jourdain et Karl Ermekeil sont par leur sacrifice les témoins de cette amitié franco-allemande, née après la Deuxième Guerre mondiale pour que plus jamais des conflits militaires n’ensanglantent l’espace européen.

N’oublions jamais que les peuples et les hommes politiques français et allemands se sont unis pour construire la paix dans un vaste espace géographique, culturel et humain : l’Europe.

Et si cette grande nation commune semble aujourd’hui fragilisée, traversée par des vents mauvais, ballottée par des intérêts contraires et des replis identitaires, il faut, plus que jamais, en réaffirmer haut et fort la nécessité.

Certes, l’Europe reste imparfaite, mais elle ne peut pas chanceler. C’est aussi le sens de ma présence ici, au côté de mon ami allemand Peter Wirtz. Pour que les cendres de nos morts respectifs nous rappellent qu’il n’y a pire drame que la guerre et que la paix est le seul combat à mener.
Nous avons beaucoup à créer ensemble, beaucoup de progrès à accomplir encore.
Cognac et Königswinter partagent cette même vision, ces mêmes valeurs. Ce sont deux villes engagées dans l’Europe. Et notre amitié doit nous rendre vigilants dans la construction de l’avenir.

La paix doit rester notre volonté la plus forte.
Alors, vive Königswinter, Cognac et vive l’Europe !

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